2025 : une année de sécurité sanitaire en action

24 décembre 2025

En 2025, les pays de la Région européenne de l’OMS ont continué de faire face à des menaces sanitaires concomitantes et découlant de multiples situations d’urgence sanitaire, notamment les conflits armés, les maladies infectieuses, la résistance aux antimicrobiens et les événements liés au climat.

Par l’intermédiaire de sa Division de la sécurité sanitaire, l’OMS/Europe collabore avec 53 pays et partenaires pour renforcer la sécurité sanitaire en consolidant les principales capacités du Règlement sanitaire international (2005), telles que les capacités de surveillance et de laboratoire, la préparation aux épidémies et aux pandémies, la vaccination et la responsabilité en matière de résistance aux antimicrobiens, la coordination de l’approche « Une seule santé », la résilience des communautés et l’efficacité des interventions en cas d’urgence.

Il est plus clair que jamais qu’il faut s’attaquer sans attendre aux menaces pour la santé dans notre Région. Entre juillet et décembre 2025, l’OMS/Europe a analysé plus de 110 000 informations afin de repérer les signes d’alerte précoce de risques potentiels pour la santé publique. Cela a permis d’identifier 35 nouveaux risques et 56 nouveaux événements de santé publique, dont la mpox et les attaques contre les soins de santé. En 2025, l’OMS/Europe a répondu à 8 situations d’urgence classées.

Ce récapitulatif met en lumière les principales étapes franchies cette année pour assurer un avenir plus sûr à tous.

OMS/Jan Baumann
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Une équipe multinationale d’experts analyse des échantillons pour détecter d’éventuelles maladies d’origine hydrique.

Janvier : Mayotte – l’expertise collective en action

Lorsque le cyclone Chido, la plus violente tempête de ces 90 dernières années, a frappé Mayotte, on estime que 100 000 personnes ont été déplacées et que près de 8 000 bâtiments ont été endommagés. Plus de 15 000 personnes se sont retrouvées sans accès à l’électricité, et les conditions sanitaires se sont détériorées en raison de l’insuffisance des sources d’eau potable. L’OMS a collaboré avec le Réseau mondial d’alerte et d’action en cas d’épidémie pour déployer sur l’île un laboratoire mobile d’intervention rapide et des experts internationaux. Ainsi a-t-on pu renforcer les capacités de diagnostic et combler une lacune importante en matière d’analyse de la qualité de l’eau et de détection des maladies d’origine hydrique.

WHO / Danil Usmanov
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Un enfant atteint de rougeole au Kirghizistan.

Février : vaccination de rattrapage au Kirghizistan pour endiguer les flambées de rougeole

Comme de nombreux pays de la Région européenne de l’OMS, le Kirghizistan connaît une résurgence de la rougeole depuis 2023, avec plus de 14 000 cas en 2024. En réponse, le Centre républicain d’immunoprophylaxie, l’OMS et ses partenaires ont intensifié la vaccination dans le cadre d’une campagne de sensibilisation en 2024 dans la région la plus touchée, et d’une campagne de vaccination de rattrapage à l’échelle nationale au printemps 2025. Ces efforts visaient à enrayer la résurgence et à prévenir l’apparition de nouvelles flambées. Depuis, la transmission de la rougeole a fortement diminué, passant d’un pic de 1 954 cas en janvier 2025 à 21 cas en septembre 2025.

WHO / NOOR / Sanne De Wilde
Mur commémoratif national de la COVID-19 à Londres (Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord).
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Le mur commémoratif national de la COVID à Londres (Royaume-Uni).

Mars : renforcer la résilience face à la mésinformation et à la désinformation en matière de santé

Les fausses informations sur la santé constituent une grave menace pour la santé publique. L’OMS/Europe a renforcé l’intégrité des informations sanitaires en élaborant de nouveaux outils opérationnels et en formant plus de 1 500 agents à détecter, à suivre et à contrer la mésinformation et la désinformation, tout en mobilisant des relais communautaires crédibles et de confiance. En mars, l’OMS a créé le tout premier centre collaborateur pour la communication sur les risques, la mobilisation des communautés et la gestion de l’infodémie en Norvège, renforçant ainsi la préparation et la résilience dans ce domaine dans la Région.

Avril : renforcement de la coordination des mesures d’urgence

L’OMS a continué, en 2025, à renforcer sa préparation aux situations d’urgence par des exercices de simulation. En avril, l’OMS a dirigé le premier exercice de simulation virtuelle de la Région au Kosovo*, aidant les autorités nationales à tester les systèmes d’alerte précoce, de coordination et de communication, avec le soutien de la Commission européenne et du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies. 

* Cette désignation est sans préjudice des positions sur le statut, conformément à la résolution 1244/1999 du Conseil de sécurité des Nations Unies et à l’avis de la CIJ. 

OMS/Christopher Black
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Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus (à droite), et la coprésidente de l’Organe de négociation international, Anne-Claire Amprou (France) (à gauche), se réjouissent de la conclusion des négociations.

Mai : Accord de l’OMS sur les pandémies – une étape importante au niveau mondial

Les États membres ont adopté l’Accord de l’OMS sur les pandémies afin de renforcer la prévention, la préparation et la riposte face aux pandémies, ainsi qu’une résolution affirmant leur engagement collectif à finaliser l’annexe décrivant le système d’accès aux agents pathogènes et de partage des avantages. Dès l’adoption de cette annexe, l’Accord sur les pandémies sera ouvert à la signature et deviendra le deuxième cadre juridiquement contraignant visant à renforcer la sécurité sanitaire au niveau mondial.

Juin : prévenir et maîtriser la résistance aux antimicrobiens

La résistance aux antimicrobiens figure parmi les 10 principales menaces pour la santé mondiale et compromet notre capacité à traiter les infections en cas de pandémie, de conflit ou de crise. Dans la Région européenne de l’OMS, elle est à l’origine de 133 000 décès par an et contribue à 541 000 décès supplémentaires, engendrant un coût annuel de 11,7 milliards d’euros pour l’Union européenne et l’Espace économique européen. En juin, avec le soutien de la Commission européenne dans le cadre du programme EU4Health, l’OMS/Europe a accueilli une réunion sous-régionale rassemblant les points focaux nationaux pour la résistance aux antimicrobiens et la lutte anti-infectieuse afin d’améliorer la mise en œuvre de la Feuille de route pour combattre la résistance aux antimicrobiens dans la Région européenne de l’OMS (2023-2030), et de renforcer la sécurité sanitaire.

WHO/Sarah Tyler
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Une femme se rafraîchit à une fontaine à Rome par temps chaud.

Juillet : la hausse des températures estivales menace la santé

La Région européenne de l’OMS a été confrontée à des vagues de chaleur répétées en 2025, avec des températures record dès le mois d’avril. L’OMS/Europe a aidé les États membres à prendre des mesures d’adaptation au changement climatique et d’atténuation de ses effets, notamment en délivrant des orientations spécifiques sur les plans d’action sanitaire contre la chaleur à 21 pays. L’Organisation a intensifié le plaidoyer et les messages publics par le biais de la campagne #Gardezlatêtefroide et a fourni des conseils ciblés pour les groupes à haut risque, notamment pour les participants à des événements majeurs tels que le Jubilé à Rome (Italie).

Août : préparation et riposte face aux flambées de maladies d’origine hydrique

Le bureau de pays de l’OMS en Ukraine, le ministère ukrainien de la Santé, l’OMS/Europe et les partenaires ont mené un exercice de simulation à grande échelle sur les capacités de préparation et de riposte face aux flambées potentielles de maladies d’origine hydrique. Cet exercice a rassemblé plus de 150 acteurs clés aux niveaux local et national afin de tester la coordination et la capacité d’intervention rapide. Une attention particulière a été accordée à l’essai du laboratoire mobile d’intervention rapide, provenant d’un don antérieur de l’OMS au ministère de la Santé, qui peut être rapidement déployé partout dans le pays. Les résultats de la simulation contribueront à renforcer la capacité de préparation et de riposte de l’Ukraine face aux urgences de santé publique.

OMS
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Olha Bilek est membre d’une équipe de services médicaux d’urgence exerçant sur la ligne de front en Ukraine. Une grande unité modulaire pour les services médicaux d’urgence a été installée par l’OMS avec le soutien de l’Union européenne.

Septembre : mission d’intervention d’urgence de l’OMS en Ukraine

L’Ukraine a résisté à plus de 2 760 attaques contre les soins de santé depuis le début d’une guerre qui est désormais à sa quatrième année. L’OMS continue de soutenir l’Ukraine par la prévention des flambées épidémiques, la prestation de soins traumatiques, la délivrance de fournitures d’urgence, le renforcement des capacités et l’aide aux infrastructures. En 2025, l’Organisation a fourni pour 19,42 millions d’USD de fournitures à 883 établissements et a installé des systèmes de chauffage modulaires et des sources d’énergie alternatives pour permettre aux hôpitaux de fonctionner malgré les perturbations hivernales, ce qui montre que les systèmes de santé peuvent résister même en cas de conflit.

En septembre, une mission d’urgence de l’OMS à 3 niveaux a évalué les besoins dans les régions de première ligne et a examiné la riposte apportée. À la demande du ministère ukrainien de la Santé, l’OMS a également procédé à un examen complet de la réponse apportée au niveau national concernant la tuberculose, le VIH, l’hépatite et la thérapie de substitution aux opiacés. Les conclusions de cet examen ont servi à orienter les ripostes nationales aux maladies et à élaborer une proposition à l’adresse du Fonds mondial prévue pour 2026.

Bruno Thevenin
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Palestiniens de Gaza lors d’une évacuation médicale vers l’Espagne.

Octobre : 1 000 évacuations médicales de Gaza vers la Région européenne de l’OMS

En octobre, la Région a franchi une étape importante en accueillant 1 000 Palestiniens gravement malades ou blessés de Gaza pour leur dispenser des soins médicaux spécialisés. Les patients ont été évacués grâce à un effort coordonné impliquant l’OMS, le Mécanisme de protection civile de l’Union européenne, d’autres agences internationales et les pays participants. « Aux gouvernements, aux professionnels de santé et aux citoyens des 17 pays qui ont répondu si volontiers à notre demande d’évacuation sanitaire, nous disons merci. Votre solidarité témoigne de la conviction que la santé est un droit humain, et que l’empathie ne connaît pas de frontières », a déclaré le docteur Hans Henri P. Kluge, directeur régional de l’OMS pour l’Europe.

Novembre : développement de la prévention de la grippe

L’introduction par le Tadjikistan d’un programme national de vaccination contre la grippe saisonnière a marqué une étape importante en matière de santé publique : tous les États membres de la Région européenne de l’OMS disposent désormais d’un tel programme, ce qui fait de la Région la première au monde à avoir atteint le niveau de mise en œuvre intégrale. Ces progrès sont conformes au Deuxième Programme de travail européen, adopté en octobre 2025, qui vise à renforcer la sécurité sanitaire en traduisant les enseignements tirés de la pandémie de COVID-19 en actions préventives contre les maladies infectieuses.

OMS
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Teodor montre comment utiliser un autotest de dépistage du VIH.

Décembre : VIH non diagnostiqué – une menace silencieuse

À l’occasion de la Journée mondiale du sida 2025, un rapport conjoint du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies et de l’OMS/Europe a montré que 54 % des diagnostics de VIH étaient posés tardivement dans la Région européenne de l’OMS, en particulier chez les hommes hétérosexuels et les consommateurs de drogues par injection. Près d’un tiers des cas concernait des personnes nées en dehors du pays où le diagnostic a été réalisé. L’OMS/Europe soutient la riposte au VIH au moyen de données, d’orientations harmonisées et d’actions ciblant les inégalités afin que le sida cesse d’être une menace pour la santé publique.

 

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